Parce que derrière chaque émotion, il y a une histoire à raconter.
Les émotions chez l’enfant
Les émotions font partie de notre quotidien. Elles nous traversent, nous renseignent sur ce que nous vivons et peuvent parfois être difficiles à comprendre, aussi bien pour les enfants que pour les adultes qui les accompagnent.
La joie, la tristesse, la colère, la peur, la surprise…
il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions. Chacune raconte quelque chose et mérite d’être accueillie et entendue.
À travers cette page, je vous propose de découvrir les principales émotions, de mieux comprendre ce qui peut se jouer derrière chacune d’elles et de réfléchir à la manière dont nous pouvons accompagner les enfants lorsqu’elles apparaissent.
Parce que derrière chaque émotion, il y a une histoire à raconter.
Vous trouverez ici des contenus accessibles pour mieux comprendre les émotions, mais aussi des outils et fiches pédagogiques conçus pour aller plus loin et passer de la réflexion à la pratique.
Les fiches pédagogiques sont pensées pour les professionnels de l’enfance, les enseignants, les animateurs, les accompagnants et les parents qui souhaitent proposer aux enfants des activités concrètes autour des émotions.
Explorez les émotions et découvrez des outils pour les accueillir au quotidien.
La Joie
Tu connais sûrement la joie.
C’est cette émotion qui peut arriver quand quelque chose nous fait plaisir, quand on retrouve quelqu’un qu’on aime, quand on réussit quelque chose, quand on joue, quand on découvre quelque chose de nouveau… ou parfois simplement quand on se sent bien.
Mais comment sait-on que l’on est joyeux ?
Que se passe-t-il dans ton corps ?
Quand tu ressens de la joie, ton cerveau et ton corps se mettent aussi en mouvement. De la dopamine et parfois des endorphines sont libérées. Elles participent notamment au plaisir, à la motivation et à cette agréable sensation de bien-être.
On peut avoir envie de sourire, de rire, de bouger, de sauter, de parler ou de partager ce que l’on ressent avec les autres.
On peut aussi sentir son corps plus léger, avoir beaucoup d’énergie ou ressentir une sensation agréable dans le ventre ou dans la poitrine.
Mais attention : tout le monde ne montre pas sa joie de la même façon.
Certains enfants vont rire très fort et courir partout.
D’autres vont simplement sourire.
Et certains peuvent être très calmes tout en ressentant énormément de joie à l’intérieur.
Et toi, comment est ton corps quand tu es joyeux ?
À quoi sert la joie ?
La joie n’est pas là par hasard.
Elle peut nous donner envie de continuer, d’explorer, de jouer et de partager.
Elle nous aide aussi à nous rapprocher des autres.
Quand quelqu’un sourit ou rit avec nous, cela peut nous donner envie de sourire à notre tour.
La joie peut donc être une émotion que l’on aime beaucoup ressentir… et que l’on aime souvent partager.
Elle peut aussi nous aider à garder en mémoire des moments agréables et nous donner envie de recommencer certaines expériences.
Est-ce que la joie peut parfois nous jouer des tours ?
Eh oui !
Même une émotion agréable peut parfois devenir difficile à gérer.
Quand on est très joyeux, on peut avoir tellement d’énergie qu’on se met à courir, crier, bouger ou parler sans faire attention aux autres.
On peut aussi avoir du mal à s’arrêter quand il est temps de passer à autre chose.
Par exemple, tu es en train de jouer à un jeu que tu adores. Tu t’amuses tellement que tu n’as pas envie d’arrêter.
Ce n’est pas parce que ta joie est « mauvaise ».
C’est simplement que ton émotion est très forte et que ton corps peut avoir besoin de temps pour retrouver progressivement son calme.
Comment reconnaître la joie chez les autres ?
Pour comprendre ce que ressent quelqu’un d’autre, on peut apprendre à observer plusieurs choses :
- son visage ;
- son sourire ;
- sa façon de parler ;
- ses gestes ;
- sa manière de bouger ;
- ce qui vient de se passer autour de lui.
Mais il faut toujours faire attention à ne pas décider à la place de l’autre.
Un enfant qui rit n’est pas forcément joyeux.
Et un enfant qui ne sourit pas n’est pas forcément triste.
Le meilleur moyen de savoir ce que quelqu’un ressent reste encore de lui demander.
👉 « Est-ce que tu es content ? »
👉 « Qu’est-ce qui te fait sourire ? »
👉 « Comment tu te sens à l’intérieur ? »
ET toi?
Tu peux prendre quelques secondes pour réfléchir :
Qu’est-ce qui te rend vraiment joyeux ?
Est-ce que c’est jouer avec quelqu’un ?
Faire quelque chose que tu aimes ?
Réussir quelque chose de difficile ?
Recevoir un câlin ?
Découvrir quelque chose ?
Ou peut-être quelque chose de tout simple que les autres ne remarquent même pas ?
Il n’y a pas de bonne réponse.
Ta joie est à toi.
Et parfois, prendre le temps de l’écouter permet de mieux comprendre ce qui nous fait du bien.
La tristesse
C’est cette émotion qui peut arriver quand on perd quelque chose ou quelqu’un qui compte pour nous, quand on doit se séparer d’une personne qu’on aime, quand quelque chose ne se passe pas comme on l’espérait, quand on est déçu, blessé ou simplement quand une journée est difficile.
La tristesse peut nous donner envie de pleurer, de rester seul, de faire un câlin ou de chercher quelqu’un auprès de qui on se sent bien.
Mais comment sait-on que l’on est triste ?
Quand la tristesse arrive avec les larmes
Il y a une situation que j’ai souvent rencontrée en accueil de loisirs.
Le matin, un enfant arrive. Il vient de se séparer de son parent et se met à pleurer.
Et notre premier réflexe, en tant qu’adulte, est souvent de vouloir faire cesser les pleurs.
« Allez, ne pleure pas, la journée va vite passer »
« Regarde, viens, on va jouer ! »
« Tu veux faire un dessin ? »
Notre intention est bonne : on veut rassurer l’enfant et l’aider à aller mieux.
Mais parfois, nous cherchons tellement vite à faire disparaître les larmes que nous oublions quelque chose d’essentiel :
l’enfant est triste pour une raison.
Pour un jeune enfant, se séparer de son parent peut être un moment très difficile. Il quitte la personne auprès de laquelle il se sent le plus en sécurité et doit retrouver progressivement ses repères dans un nouvel environnement.Il doit retrouvé une figure d’attachement.
Accueillir avant de vouloir faire disparaître
Accueillir la tristesse, ce n’est pas laisser l’enfant pleurer seul.
Ce n’est pas non plus chercher à lui faire oublier ce qu’il ressent.
C’est d’abord reconnaître ce qui lui arrive.
On peut simplement lui dire :
« Tu es triste parce que papa ou maman vient de partir. C’est difficile de se séparer. Je suis là avec toi. »
Ces quelques mots peuvent être beaucoup plus aidants qu’une succession de propositions destinées à détourner son attention.
L’enfant comprend alors que son émotion a une place et qu’un adulte peut rester auprès de lui lorsqu’il traverse quelque chose de difficile.
Petit à petit, il peut aussi construire une relation de confiance avec les adultes qui l’accompagnent.
Il ne s’agit pas de remplacer ses parents, mais de devenir un autre adulte auprès duquel il peut progressivement se sentir en sécurité.
Que se passe-t-il dans ton corps ?
Quand tu es triste, ton corps peut changer lui aussi.
Tu peux avoir moins d’énergie, avoir envie de bouger moins, parler moins ou te mettre un peu à l’écart.
Ton visage peut changer, tes épaules peuvent s’abaisser et tu peux avoir cette sensation de « boule dans la gorge » ou de poids dans la poitrine.
Ton rythme cardiaque et ta respiration peuvent également changer.
Et parfois, les larmes arrivent. 💧
Toutes ces réactions sont normales.
Ton corps accompagne ton émotion.